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Travailler en saison : ce que ça rapporte vraiment

Par la rédaction de CmonJobPublié le

Travailler en saison : ce que ça rapporte vraiment
Photo : Nihat Küçük

La réponse en une phrase

Une saison rapporte beaucoup si le logement est fourni, et assez peu sinon. C'est le seul paramètre qui change vraiment le calcul, avant même le taux horaire : se loger deux mois en station ou sur la côte coûte souvent plus cher que ce que la saison ajoute au salaire.

Le second paramètre est le volume d'heures. Une saison se joue rarement à 35 heures, et c'est précisément ce qui permet de mettre de l'argent de côté, à condition que les heures soient réellement décomptées et payées.

Comment calculer ce qu'une saison laisse vraiment ?

Faites-le avant de signer, pas après. Quatre lignes suffisent.

Ce qui entre : le salaire de base, les heures supplémentaires, les majorations de dimanche et de jours fériés, le pourboire s'il existe, et l'indemnité de fin de contrat versée en fin de saison.

Ce qui sort : le logement s'il n'est pas fourni, la nourriture hors repas d'établissement, le transport aller-retour, et le véhicule si le lieu n'est pas desservi.

Ce qui se voit rarement dans l'annonce : un logement « fourni » peut être retenu sur la paie sous forme d'avantage en nature. Ce n'est pas illégal, mais cela change le net. Demandez le montant exact de la retenue.

Ce qui se compte en jours : une saison de deux mois à cinquante heures ne se compare pas à une saison de quatre mois à trente-cinq. Ramenez toujours au revenu total sur la période, pas au taux horaire.

La question à poser en entretien, telle quelle : « Le logement est-il fourni, et est-il retenu sur la paie ? Si oui, de combien ? » Une réponse claire indique un employeur sérieux. Une réponse évasive indique le contraire.

Quels secteurs recrutent en saison ?

L'hôtellerie-restauration, de très loin le premier. Serveur, commis de cuisine, femme et valet de chambre, plongeur, réceptionniste. C'est aussi le secteur où le logement est le plus souvent proposé.

L'agriculture, sur des périodes plus courtes et très intenses : récoltes, vendanges, conditionnement.

Le commerce, en station et en zone touristique, et en fin d'année dans la grande distribution où l'on recrute des renforts en caisse et en rayon.

La logistique, qui connaît un pic marqué en fin d'année : la préparation de commandes embauche alors massivement, souvent par l'intérim.

Les loisirs et l'animation, sur les périodes de vacances scolaires.

Ce qui distingue une bonne saison d'une mauvaise

À salaire égal, tout se joue sur trois points.

L'organisation des horaires. En restauration, la coupure du midi et du soir mange la journée entière. Un établissement qui ne fait que le service du soir, ou que le midi, laisse une vraie vie à côté. Cela ne se voit pas dans l'annonce, cela se demande.

Le décompte des heures. C'est le point de friction le plus fréquent du travail saisonnier. Les heures supplémentaires doivent être comptées et payées, et il vous appartient de noter vos heures chaque jour, de votre côté. Un carnet ou une note sur le téléphone suffit, et cela règle la plupart des désaccords de fin de saison.

L'ambiance de l'équipe. Cela paraît secondaire et ne l'est pas : en saison, on travaille, on mange et souvent on loge avec les mêmes personnes, pendant deux mois, sans respiration. C'est la première cause d'abandon en cours de saison.

Une saison compte-t-elle pour la suite ?

Oui, et c'est ce qu'on sous-estime le plus.

C'est une expérience réelle, qui se met sur un CV et qui compte : deux saisons en salle valent une vraie compétence aux yeux d'un restaurateur.

C'est un droit au chômage qui se construit, si la durée de travail atteint les conditions requises. Beaucoup de saisonniers l'ignorent et ne font pas valoir leurs droits entre deux saisons.

C'est un employeur qui vous rappellera. Le secteur fonctionne largement au retour : un saisonnier fiable est repris l'année suivante, souvent à un meilleur poste. C'est la façon la plus rapide de passer de commis à chef de partie, ou d'équipier à chef de rang.

Le contrat saisonnier : ce qu'il doit contenir

C'est un contrat à durée déterminée particulier, et il se lit avant de signer, pas après. Cinq points à vérifier ligne par ligne.

Le motif saisonnier, mentionné explicitement. Un CDD ordinaire déguisé en contrat saisonnier n'ouvre pas les mêmes droits, et la mention du motif est obligatoire.

La durée ou la période, avec une date de fin ou la description de la saison concernée.

L'horaire hebdomadaire prévu. C'est le point le plus important pour votre calcul : un contrat à 39 heures ne se compare pas à un contrat à 35 heures avec heures supplémentaires promises à l'oral.

La rémunération et les avantages en nature. Si le logement ou les repas sont fournis, leur valorisation doit apparaître. C'est ce qui détermine votre net réel.

La convention collective applicable, qui fixe les majorations de dimanche, de jours fériés et de nuit. Notre article sur le travail de nuit et du dimanche explique pourquoi deux postes identiques donnent deux paies différentes.

Un contrat remis après le début du travail, ou jamais remis, est le signal d'alerte le plus fiable. Le contrat de travail à durée déterminée doit être écrit et transmis rapidement après l'embauche.

Ce qu'il faut faire pendant la saison

Trois habitudes qui règlent la quasi-totalité des désaccords de fin de saison.

Notez vos heures chaque jour. Un carnet ou une note sur le téléphone. Sur des plannings mouvants et des journées à rallonge, l'écart entre les heures faites et les heures payées se creuse sans que personne le fasse exprès. Vos relevés personnels ont une vraie valeur en cas de litige.

Gardez vos plannings. Une photo du planning affiché suffit, et il disparaît chaque semaine.

Vérifiez le premier bulletin de paie, pas le dernier. Une erreur de taux ou d'horaire repérée en début de saison se corrige ; la même repérée en septembre se discute en votre défaveur, une fois tout le monde parti. Notre guide pour lire une fiche de paie indique les trois lignes à regarder en priorité.

Questions fréquentes

Un contrat saisonnier donne-t-il droit à la prime de précarité ?

Non, et c'est une particularité de ce contrat : l'indemnité de fin de contrat versée en CDD ordinaire n'est en principe pas due pour un contrat saisonnier, sauf disposition plus favorable de la convention collective. Vérifiez la convention de votre secteur, certaines sont plus généreuses que la loi.

Le logement fourni est-il gratuit ?

Pas toujours. Il peut être mis à disposition sans contrepartie, ou constituer un avantage en nature retenu sur la paie selon un barème. Les deux situations existent et sont légales : ce qui compte est de savoir laquelle s'applique avant de signer.

Peut-on enchaîner deux saisons dans la même entreprise ?

Oui, et c'est même courant. Le contrat saisonnier peut comporter une clause de reconduction pour la saison suivante, et l'ancienneté acquise au fil des saisons est prise en compte dans certaines conventions collectives.

Faut-il accepter une saison sans logement ?

Cela se calcule. Faites le total du loyer, des charges et du transport sur la durée, et comparez au revenu attendu. Dans les zones très touristiques, le coût du logement absorbe fréquemment l'essentiel du gain, et la saison ne se justifie plus que par l'expérience acquise.