Marché de l'emploi
Trouver un emploi dans l'événementiel sans diplôme
Par la rédaction de CmonJobPublié le
La réponse en une phrase
L'événementiel embauche sans diplôme sur cinq familles de postes : le montage et le démontage, la logistique, l'accueil, la sécurité et la restauration. On y entre presque toujours par des contrats courts : mission d'intérim, contrat d'extra chez un traiteur, CDD pour la durée d'un salon ou d'un festival. Le seul poste qui exige une carte délivrée par l'État avant la première soirée est celui d'agent de sécurité. Pour le reste, ce qui fait la différence est la disponibilité le soir et le week-end, et la capacité à tenir des journées longues.
Quels postes sont ouverts sans diplôme ?
Montage et démontage. Avant un salon, un concert ou un congrès, il faut décharger les camions, monter les stands, les scènes, le mobilier, puis tout démonter dans la nuit qui suit. C'est du travail de manutentionnaire, souvent en équipe, souvent en horaires décalés. Pour conduire un chariot ou une nacelle, un CACES est demandé : notre article sur le CACES adapté à chaque poste aide à s'y retrouver.
Logistique. Préparer le matériel en entrepôt, charger les véhicules, suivre les caisses sur le site. On retrouve les gestes du préparateur de commandes et du cariste.
Accueil. Hôte et hôtesse d'accueil, vestiaire, contrôle des badges, orientation du public. On attend une présentation soignée et de l'aisance à l'oral, rarement un diplôme.
Sécurité. Contrôle des accès, palpations, surveillance des sorties. C'est le métier d'agent de sécurité, et il est réglementé (voir plus bas).
Restauration. Les traiteurs qui servent les cocktails, les repas de gala et les buffets de salon recrutent des serveurs, des commis de cuisine et des plongeurs pour une soirée ou quelques jours. C'est le fameux « extra ».
Quels contrats, et qu'est-ce que ça change ?
Trois contrats couvrent l'essentiel des emplois dans l'événementiel. Ils ne donnent pas les mêmes droits.
L'intérim. Vous êtes salarié de l'agence, mis à disposition de l'organisateur. À la fin de chaque mission, la loi prévoit une indemnité de fin de mission égale à 10 % de la rémunération brute totale, versée avec le dernier salaire. Notre article sur le fonctionnement d'une agence d'intérim explique le reste.
Le CDD d'usage. Le code du travail autorise, dans certains secteurs seulement, des CDD successifs sans délai de carence entre deux contrats parce qu'il est d'usage de ne pas y embaucher en CDI. La liste est fixée par décret. On y trouve notamment l'hôtellerie et la restauration, les spectacles et l'action culturelle, l'audiovisuel, ainsi que les activités foraines. L'organisation de salons n'y figure pas en tant que telle : tout dépend du secteur de votre employeur. Un traiteur relève de la restauration, un producteur de concerts du spectacle.
Le point à connaître : le CDD d'usage ne donne pas droit à la prime de précarité, sauf si la convention collective prévoit mieux. C'est écrit dans le code du travail. Un CDD classique, lui, y donne droit en principe : voir notre article sur la prime de précarité en fin de CDD.
Le régime des intermittents du spectacle. Il concerne les ouvriers et techniciens (annexe 8) et les artistes (annexe 10) employés dans le spectacle. Pour ouvrir des droits au chômage à ce titre, il faut justifier d'au moins 507 heures de travail sur les douze mois qui précèdent la fin du dernier contrat. Un monteur embauché pour un concert peut en relever, un manutentionnaire embauché pour un salon professionnel beaucoup moins sûrement. Si vous visez ce statut, posez la question à France Travail dès vos premiers contrats, pour savoir sous quel régime vos heures seront comptées.
Ce que ça paie, concrètement
La plupart des postes d'entrée sont payés au SMIC ou un peu au-dessus, selon la convention collective de l'employeur. Ce qui fait monter la paie, ce sont les heures : nuits de démontage, dimanches, jours fériés.
Ces majorations ne sont pas les mêmes partout. Elles dépendent de la convention collective, et deux postes identiques chez deux employeurs peuvent donner deux paies différentes. Notre article sur le travail de nuit et du dimanche détaille ce que dit la loi et ce que les conventions ajoutent.
Un calcul à faire avant d'accepter : une soirée d'extra de six heures à l'autre bout de la ville, sans transport en commun au retour, peut coûter plus en taxi qu'elle ne rapporte. Demandez si le transport de nuit ou le repas est pris en charge.
Sécurité événementielle : la carte professionnelle d'abord
Pour travailler comme agent de sécurité, même pour une seule soirée, il faut une carte professionnelle délivrée par le CNAPS, l'organisme public qui contrôle la sécurité privée. Elle est accordée sous conditions de moralité et après une formation qui donne l'aptitude professionnelle. Elle se renouvelle tous les cinq ans.
Avant les Jeux olympiques de 2024, un certificat plus court avait été créé pour les grands événements de plus de 300 personnes. Il n'est plus actif depuis décembre 2024. Méfiez-vous d'une offre qui vous propose de « régulariser la carte plus tard » : sans carte, exercer comme agent de sécurité est interdit.
Ce qu'il faut vérifier avant l'événement
Le contrat, écrit, avant de commencer. Un CDD doit être écrit. S'il est remis le soir même, lisez au moins le motif, la durée, l'horaire prévu et le taux horaire.
L'heure de fin réelle. Un démontage annoncé « jusqu'à minuit » finit souvent plus tard. Notez vos heures d'arrivée et de départ vous-même, sur votre téléphone. En cas de désaccord, ce relevé personnel est votre meilleure preuve.
Les équipements de protection. Chaussures de sécurité, gants, gilet : c'est à l'employeur de les fournir, pas à vous.
Les pauses et le repas. Sur une journée de douze heures, la question du repas n'est pas un détail.
La date de paie. En intérim comme en extra, demandez quand vous serez payé et sous quelle forme vous recevrez le bulletin.
Questions fréquentes
Peut-on travailler dans l'événementiel sans expérience ?
Oui, surtout au montage, à la logistique et en restauration, où l'on apprend sur place. Le plus simple est de se signaler auprès des agences d'intérim et des traiteurs de sa ville avant les périodes chargées.
Un extra touche-t-il la prime de précarité ?
Non si le contrat est un CDD d'usage, que le secteur de la restauration a le droit d'utiliser, sauf si la convention collective prévoit mieux. En intérim, en revanche, l'indemnité de fin de mission de 10 % est due.
Faut-il un diplôme pour être hôtesse d'accueil en événementiel ?
Non, aucun diplôme n'est exigé par la loi. Les agences regardent la présentation, l'aisance avec le public et parfois la pratique d'une langue étrangère pour les salons internationaux.
Peut-on devenir intermittent du spectacle en commençant par le montage ?
C'est possible si vous êtes embauché comme ouvrier ou technicien par un employeur du spectacle. Il faut ensuite réunir 507 heures sur douze mois pour ouvrir des droits à ce régime. Renseignez-vous auprès de France Travail dès le début.