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La VAE : faire reconnaître ce qu'on sait déjà

Par la rédaction de CmonJobPublié le

La VAE : faire reconnaître ce qu'on sait déjà
Photo : Andrea Piacquadio

La réponse en une phrase

La validation des acquis de l'expérience permet d'obtenir un diplôme ou un titre professionnel sans retourner en formation, en faisant reconnaître ce que vous savez déjà faire. Il faut une expérience en rapport direct avec la certification visée, et un vrai travail d'écriture pour la démontrer.

Ce n'est ni un raccourci ni un cadeau : c'est un dossier exigeant, qui demande des mois. Mais pour quelqu'un qui exerce un métier depuis des années sans diplôme, c'est souvent la voie la plus courte vers une reconnaissance et un meilleur salaire.

Qui peut y prétendre ?

Toute personne justifiant d'une expérience en rapport avec la certification visée. Cette expérience peut être :

  • salariée, quel que soit le contrat : CDI, CDD, intérim, saisonnier ;
  • non salariée, si vous avez exercé à votre compte ;
  • bénévole ou associative, ce que beaucoup ignorent ;
  • acquise dans le cadre d'activités d'aidant familial ou de responsabilités électives.

Les périodes se cumulent, y compris discontinues. Un parcours fait de missions courtes n'est pas un obstacle, à condition qu'elles relèvent du même champ d'activité.

La durée d'expérience exigée a été assouplie ces dernières années : renseignez-vous sur les conditions en vigueur auprès d'un point-conseil, plutôt que de vous fier à une durée entendue il y a longtemps.

Qu'obtient-on au bout ?

La même certification que celle obtenue par la formation, avec la même valeur : diplôme d'État, titre professionnel, ou certificat de qualification de branche. Il n'y a pas de mention indiquant qu'elle a été obtenue par cette voie.

La validation peut être totale ou partielle. En cas de validation partielle, vous conservez les blocs validés et complétez les autres, par la formation ou par une nouvelle expérience. Ce n'est pas un échec, c'est un parcours en deux temps, et c'est fréquent.

Comment ça se passe, concrètement

1. Le point-conseil. Un entretien gratuit qui vérifie que votre expérience correspond bien à la certification visée, et qui vous oriente si ce n'est pas le cas. C'est l'étape à ne pas sauter : elle évite de s'engager sur une mauvaise cible.

2. La recevabilité. Vous déposez un dossier qui décrit vos activités et joint vos justificatifs : contrats, bulletins de paie, attestations. L'organisme certificateur vérifie que vous remplissez les conditions.

3. Le dossier de validation. C'est le cœur du travail, et de loin la partie la plus longue. Vous décrivez des situations de travail réelles, en détail : ce que vous avez fait, dans quel contexte, avec quels moyens, en réponse à quel problème, avec quel résultat. Le jury juge sur cette démonstration.

4. L'entretien avec le jury, composé de professionnels du métier, qui vous interroge sur votre dossier.

5. La décision : validation totale, partielle, ou refus.

Le point qui fait échouer les candidats n'est presque jamais la compétence. C'est l'écrit. Décrire précisément ce qu'on fait par automatisme depuis dix ans est un exercice difficile, surtout pour qui n'écrit pas souvent. C'est exactement pour cela que l'accompagnement existe.

L'accompagnement : à prendre, sans hésiter

Un accompagnement méthodologique peut vous aider à identifier les situations à décrire, à structurer le dossier et à préparer l'entretien.

Il se finance de plusieurs façons, dans l'ordre où il faut les tenter :

  • l'employeur, quand la certification sert le poste ;
  • l'opérateur public de l'emploi, pour les personnes en recherche d'emploi ;
  • la région, selon les dispositifs locaux ;
  • vos droits personnels à la formation, qui couvrent l'accompagnement à la validation des acquis.

Une autorisation d'absence peut par ailleurs être demandée à l'employeur pour préparer et passer la validation.

Est-ce fait pour vous ?

Trois situations où cette voie est particulièrement indiquée :

Vous exercez un métier depuis des années sans en avoir le titre. C'est le cas typique : une aide à domicile expérimentée visant le diplôme d'aide-soignant, un manœuvre devenu maçon sur le tas, un agent d'entretien qui encadre déjà une équipe.

Vous voulez évoluer et le titre bloque. Beaucoup de postes d'encadrement ou de fonction publique exigent une certification que votre expérience justifierait largement.

Vous préparez une reconversion partielle. Faire valider ce que vous savez déjà réduit d'autant la formation à suivre.

À l'inverse, si vous changez complètement de métier, la voie de la formation reste plus adaptée : la validation des acquis suppose une expérience dans le champ visé.

Comment décrire une situation de travail : la partie qui décide

Le dossier de validation se joue sur quelques situations décrites en profondeur, pas sur une liste de tâches. Le jury cherche à comprendre ce que vous avez décidé, pas seulement ce que vous avez exécuté.

Une méthode qui fonctionne, situation par situation :

  1. Le contexte. Où, quand, avec quels moyens, dans quelle organisation. Soyez précis : le type d'établissement, la taille de l'équipe, le matériel.
  2. Le problème. Ce qui n'allait pas de soi. Un jury ne retient pas une journée ordinaire, il retient une difficulté.
  3. Ce que vous avez fait, geste par geste, en disant pourquoi à chaque décision. C'est le « pourquoi » qui démontre la compétence : n'importe qui peut décrire un geste, seul un professionnel explique le choix.
  4. Le résultat, et ce que vous feriez différemment aujourd'hui.

Exemple de la différence : « Je fais les toilettes le matin » ne prouve rien. « Une résidente refusait systématiquement la toilette le matin. J'ai constaté qu'elle était plus disponible après le petit-déjeuner, j'ai proposé de décaler son horaire à l'équipe, et nous l'avons inscrit dans son projet personnalisé » prouve l'observation, l'initiative et le travail en équipe.

Prévoyez trois à cinq situations de ce type. C'est peu en nombre, et c'est beaucoup en travail d'écriture.

Les certifications les plus demandées par cette voie

Toutes les certifications enregistrées sont en principe accessibles par cette voie, mais certaines correspondent particulièrement aux parcours décrits dans ce guide.

Dans le soin et l'aide à la personne : le diplôme d'aide-soignant et celui d'accompagnant éducatif et social. C'est le cas le plus fréquent, et il concerne beaucoup d'aides à domicile qui exercent depuis des années sans titre.

Dans la propreté : les certifications de la branche, qui permettent de passer d'agent d'entretien à chef d'équipe.

Dans la restauration : le CAP cuisine et les titres de la branche, pour ceux qui sont entrés comme commis et tiennent aujourd'hui une partie.

Dans le bâtiment : les CAP et titres professionnels du gros œuvre et du second œuvre, pour les manœuvres devenus maçons sur le tas.

Dans la logistique : les titres de conducteur d'engins et d'agent magasinier, qui formalisent une pratique déjà acquise.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il ?

Comptez plusieurs mois entre le dépôt de recevabilité et le passage devant le jury, l'essentiel du temps étant consacré à l'écriture du dossier. Les délais varient selon les certificateurs et les sessions de jury.

Est-ce vraiment gratuit ?

Les frais existent : dossier, accompagnement, éventuels modules complémentaires. Ils sont fréquemment pris en charge par l'un des financeurs cités plus haut, mais le reste à charge se vérifie au cas par cas, avant de s'engager.

Que se passe-t-il en cas de validation partielle ?

Vous conservez le bénéfice des blocs de compétences validés, sans limitation de durée dans les dispositifs actuels, et vous complétez les autres. Beaucoup de parcours se déroulent ainsi en deux étapes, et cela reste bien plus court qu'une formation complète.

Mon employeur doit-il être au courant ?

Non, la démarche est personnelle et vous n'avez pas à l'en informer. Vous devrez le solliciter uniquement si vous demandez un financement ou une autorisation d'absence sur le temps de travail.