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Droits et paie

Temps partiel : heures complémentaires et coupures

Par la rédaction de CmonJobPublié le

Temps partiel : heures complémentaires et coupures
Photo : Gustavo Denuncio

La réponse en une phrase

Un contrat à temps partiel doit être écrit, prévoir en principe au moins vingt-quatre heures par semaine, et indiquer la répartition des horaires. Les heures faites en plus sont des heures complémentaires : elles sont majorées d'au moins 10 %, elles sont plafonnées, et elles ne peuvent jamais vous amener à la durée légale de trente-cinq heures.

Deux points décident de tout le reste : le plafond d'heures complémentaires inscrit dans votre contrat, et l'existence ou non d'un accord de branche qui l'élargit. Sans ces deux informations, personne ne peut vous dire si votre bulletin est juste.

Ce que montrent les offres

18 % des offres réelles que nous publions sont à temps partiel. C'est massif, et ce n'est pas réparti au hasard : le temps partiel se concentre sur le nettoyage, la caisse, l'hôtellerie et la restauration. Un agent d'entretien, une femme de chambre ou un hôte de caisse a beaucoup plus de chances de se voir proposer vingt-quatre ou trente heures qu'un cariste ou un opérateur de production.

Le temps partiel n'est pas un sous-contrat : c'est un contrat à part entière, avec les mêmes droits proportionnés à la durée. Mais il concentre trois pièges que les temps pleins ne connaissent pas : les heures complémentaires mal payées, les journées hachées par des coupures, et l'impossibilité pratique de cumuler un second emploi quand les horaires sont imposés au dernier moment.

Les vingt-quatre heures minimum, et ses vraies exceptions

La durée minimale de travail à temps partiel est de vingt-quatre heures par semaine, ou l'équivalent sur le mois ou sur la période prévue par accord.

Les exceptions sont réelles et fréquentes :

  • un accord de branche étendu peut fixer une durée inférieure, à condition de prévoir le regroupement des horaires sur des journées ou des demi-journées ;
  • vous pouvez demander vous-même une durée inférieure, par une demande écrite et motivée, soit pour des contraintes personnelles, soit pour cumuler plusieurs activités ;
  • les étudiants de moins de vingt-six ans peuvent avoir une durée adaptée à leurs études ;
  • les contrats très courts et certains remplacements échappent à la règle.

Retenez la nuance : une durée de dix ou quinze heures n'est pas illégale en soi, mais elle doit reposer sur l'un de ces fondements. Si on vous fait signer une demande de dérogation toute rédigée, sans que vous ayez rien demandé, cette demande n'est pas la vôtre : c'est une pièce écrite qui vous engage.

Et n'oubliez pas la priorité d'accès : à compétences égales, un salarié à temps partiel est prioritaire pour un poste à temps plein qui se libère dans l'entreprise. Cette priorité s'exerce par une demande écrite, et elle s'oublie faute d'avoir été demandée.

Les heures complémentaires : combien, et à quel taux

Ce sont les heures effectuées au-delà de la durée prévue au contrat, sans atteindre trente-cinq heures. Elles n'ont rien à voir avec les heures supplémentaires, et le régime est plus strict.

Le volume est plafonné. À défaut d'accord, les heures complémentaires ne peuvent pas dépasser un dixième de la durée prévue au contrat. Un accord de branche étendu peut porter ce plafond à un tiers, pas au-delà.

La majoration est obligatoire. Les heures accomplies dans la limite du dixième sont majorées d'au moins 10 %. Celles accomplies au-delà du dixième, quand un accord autorise d'aller jusqu'au tiers, sont majorées de 25 %, un accord de branche étendu pouvant fixer un autre taux qui ne peut jamais descendre sous 10 %.

Le plafond absolu, c'est la durée légale. Les heures complémentaires ne peuvent pas porter votre durée de travail au niveau de trente-cinq heures. Atteindre ce seuil ferait basculer le contrat en temps plein, ce que la loi interdit d'obtenir par ce chemin.

Sur le bulletin, ces heures doivent apparaître sur une ligne distincte, avec leur taux. Des heures faites au-delà du contrat et payées au taux normal sont une anomalie, quelle que soit la convention collective.

L'avenant de complément d'heures : ce qui n'est pas une heure complémentaire

C'est le mécanisme le moins connu, et celui qui explique le plus de bulletins incompréhensibles.

Lorsqu'un accord de branche étendu le prévoit, l'employeur peut vous proposer un avenant temporaire qui augmente votre durée contractuelle pour une période donnée : un remplacement, une saison, un surcroît d'activité. Les heures faites dans le cadre de cet avenant ne sont pas des heures complémentaires : elles ne sont donc pas majorées, sauf si l'accord le prévoit expressément.

Trois garde-fous à connaître :

  • le nombre d'avenants est limité à huit par an et par salarié, hors remplacement d'un salarié absent nommément désigné ;
  • l'avenant doit être écrit et préciser la durée et la période ;
  • au-delà de la durée fixée par l'avenant, les heures redeviennent des heures complémentaires majorées.

Si votre employeur vous fait signer un avenant chaque mois pour éviter les majorations, ce n'est pas anodin : c'est le signe que votre horaire contractuel ne correspond plus à votre travail réel.

Les coupures : ce que la loi limite vraiment

Une journée coupée est une journée où l'activité s'interrompt puis reprend. C'est le quotidien de beaucoup d'agents d'entretien, qui font un site tôt le matin et un autre en fin de journée, et de nombreux serveurs en coupure entre midi et soir.

À défaut d'accord de branche étendu, la journée de travail d'un salarié à temps partiel ne peut pas comporter plus d'une interruption, et cette interruption ne peut pas dépasser deux heures. Un accord de branche étendu peut déroger à cette limite, mais il doit alors prévoir des contreparties et encadrer l'amplitude de la journée.

Deux autres protections comptent autant :

  • la répartition des horaires doit figurer dans le contrat, ainsi que les conditions dans lesquelles elle peut être modifiée ;
  • toute modification doit respecter un délai de prévenance de sept jours ouvrés, qu'un accord de branche étendu peut réduire à trois jours ouvrés en contrepartie de garanties.

Un planning donné la veille pour le lendemain, de façon régulière, n'est pas une fatalité de métier : c'est en général une infraction au délai de prévenance.

Cumuler deux temps partiels : ce qui est permis

Rien n'interdit d'avoir deux employeurs. Ce qui est interdit, c'est de dépasser les durées maximales de travail, tous employeurs confondus :

  • dix heures par jour, sauf dérogation ;
  • quarante-huit heures sur une même semaine ;
  • quarante-quatre heures en moyenne sur douze semaines consécutives ;
  • onze heures de repos entre deux journées, et trente-cinq heures consécutives de repos par semaine.

Ces plafonds valent pour vous, pas seulement pour chaque employeur pris séparément. C'est pourquoi un employeur peut vous demander une attestation écrite sur vos autres heures : il engage sa responsabilité.

Deux points pratiques. D'abord, les heures ne se cumulent pas d'un employeur à l'autre pour déclencher des heures supplémentaires : chaque contrat vit sa vie. Ensuite, une clause d'exclusivité dans un contrat à temps partiel est très fragile, car elle vous prive de compléter un revenu qui, par construction, ne correspond pas à un temps plein. Ne considérez pas une telle clause comme une porte fermée : faites-la vérifier.

Reste l'obstacle réel, qui n'est pas juridique : deux plannings variables communiqués tard sont matériellement incompatibles. C'est la première question à poser avant d'accepter un second poste.

Ce qu'il faut vérifier sur votre contrat

  1. La durée exacte, hebdomadaire ou mensuelle, et la répartition des horaires.
  2. Le plafond d'heures complémentaires : dixième ou tiers, et sur quel fondement.
  3. Le nom de la convention collective, pour savoir si un accord de branche modifie les taux, les coupures ou le délai de prévenance.
  4. Le délai de prévenance en cas de changement d'horaire.
  5. Vos heures réelles, notées chaque jour. C'est la pièce qui règle la majorité des litiges.
  6. Votre validation de trimestres pour la retraite : un trimestre se valide à partir d'un salaire soumis à cotisations correspondant à cent cinquante fois le SMIC horaire, ce qui peut poser problème sur de très petites durées.

Questions fréquentes

Mon contrat prévoit vingt heures et j'en fais vingt-huit chaque semaine : est-ce légal ?

Huit heures au-delà de vingt représentent bien plus que le dixième, et même plus que le tiers de la durée contractuelle : ce dépassement n'est donc pas régulier, sauf avenant de complément d'heures en bonne et due forme. Surtout, un dépassement constant sur plusieurs mois signifie que votre horaire contractuel ne correspond plus à la réalité, et il peut justifier une demande de révision du contrat à la durée réellement pratiquée.

Les heures complémentaires sont-elles payées comme des heures supplémentaires ?

Non, ce sont deux régimes différents. Les heures supplémentaires commencent au-delà de trente-cinq heures et sont majorées en principe de 25 % puis de 50 %. Les heures complémentaires sont celles faites au-delà de la durée d'un contrat à temps partiel, sans atteindre trente-cinq heures : elles sont majorées d'au moins 10 %, et de 25 % au-delà du dixième de la durée contractuelle, sauf taux différent fixé par accord de branche étendu.

Puis-je refuser une modification de mes horaires ?

Vous pouvez refuser si la modification n'est pas prévue par le contrat, ou si le délai de prévenance n'est pas respecté, ou encore si le nouvel horaire est incompatible avec des obligations familiales impérieuses, le suivi d'un enseignement, ou une autre activité professionnelle. En dehors de ces cas, un refus peut être fautif : lisez la clause de votre contrat sur les conditions de modification avant de répondre.

Ai-je le droit d'avoir deux employeurs à temps partiel ?

Oui, à condition de ne pas dépasser les durées maximales de travail tous employeurs confondus, soit dix heures par jour, quarante-huit heures sur une semaine et quarante-quatre heures en moyenne sur douze semaines, en respectant onze heures de repos quotidien. Vous devez informer vos employeurs si l'un d'eux le demande, et vous restez tenu d'une obligation de loyauté envers chacun.

Que se passe-t-il si je n'ai pas de contrat écrit ?

Le contrat à temps partiel doit obligatoirement être écrit et mentionner la durée du travail et sa répartition. En l'absence d'écrit, le contrat est présumé conclu à temps plein, ce qui vous permet de réclamer le salaire correspondant. L'employeur peut renverser cette présomption, mais il doit alors prouver la durée exacte convenue et le fait que vous n'étiez pas obligé de rester à sa disposition en permanence.