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Salvarem, qui est-ce et comment devenir décontamineur ?
Par la rédaction de CmonJobPublié le
La réponse en une phrase
Salvarem est un nom commercial de NUVIA Process, une entreprise spécialisée dans la décontamination et le démantèlement d'installations nucléaires, qui fait partie du groupe Soletanche Freyssinet (VINCI). Selon le répertoire officiel des entreprises, deux établissements actifs portent l'enseigne Salvarem : l'un à Pierrelatte, dans la Drôme, l'autre à La Hague, dans la Manche. Le métier de décontamineur, ou agent d'assainissement, qu'on trouve sur ses offres, ne demande pas forcément de diplôme, mais il exige toujours des habilitations nucléaires, une aptitude médicale et un casier judiciaire compatible avec l'accès aux sites. Sans ces habilitations, pas d'embauche : la vraie porte d'entrée, c'est une formation financée qui les délivre.
Salvarem, NUVIA Process : qui est l'employeur ?
L'Annuaire des entreprises de l'État rattache l'enseigne Salvarem à la société NUVIA Process, créée en 1979, dont le siège est à Pierrelatte. Deux établissements ouverts portent ce nom : celui de Pierrelatte, ouvert en 2014 à son adresse actuelle, et celui de Beaumont-Hague, commune de La Hague, ouvert en 1992. L'entreprise est classée dans la tranche de 250 à 499 salariés.
NUVIA Process se présente comme le leader du démantèlement et de la décontamination en France, après près de cinquante ans auprès des exploitants nucléaires. Elle travaille sur quatre domaines : l'exploitation industrielle, les procédés mécaniques, le démantèlement et la gestion des déchets. Ses équipes sont implantées à La Hague, à Pierrelatte, à Massy et sur le site du CEA de Valduc, en Côte-d'Or.
Ce que ça veut dire pour vous : quand une offre parle de Salvarem, c'est NUVIA Process qui embauche, et le poste se trouve presque toujours sur ou autour d'un grand site nucléaire. À La Hague, par exemple, une offre récente d'agent décontamineur en CDI précisait que le travail se faisait sur le site d'Orano.
Que fait un décontamineur nucléaire ?
Le décontamineur intervient dans les installations nucléaires pour enlever ou fixer la contamination radioactive : sur des sols, des murs, des cuves, des tuyauteries, des outils, des déchets. NUVIA décrit des interventions sur tous les types de contamination et tous les supports, liquides, métal, béton ou peinture, parfois à distance, parfois au contact.
Concrètement, la journée se passe en zone contrôlée, en tenue de protection, souvent en tenue étanche ventilée. On découpe, on ponce, on lave, on conditionne les déchets, sous la responsabilité d'un chef d'équipe et avec un suivi de radioprotection permanent. Chaque entrée et chaque sortie de zone suit une procédure stricte. Le dosimètre ne vous quitte pas.
C'est un travail physique, chaud quand on est en tenue, minutieux, où l'erreur ne pardonne pas. Il se fait en équipe, avec des règles qui peuvent paraître lourdes au début. Ceux qui tiennent dans ce métier sont ceux qui aiment les procédures claires.
Peut-on y entrer sans diplôme ?
Oui, mais pas sans formation. La fiche métier du code ROME I1503 (technicien en risques technologiques, qui couvre la décontamination) cite des niveaux allant du CAP au bac+2 dans un domaine technique. Dans la pratique, ce qui bloque n'est pas le diplôme, ce sont les habilitations.
L'offre d'agent décontamineur de NUVIA à La Hague que nous avons lue demandait une formation en environnement nucléaire, idéalement en assainissement, décontamination et gestion des déchets, une première expérience en milieu nucléaire, et la certification CEFRI PR1-CC. En échange, l'entreprise prévoyait des formations à l'embauche : port de la tenue étanche ventilée, amiante, et une passerelle CEFRI.
Pour quelqu'un qui part de zéro, la porte d'entrée réaliste est une formation qualifiante pour demandeurs d'emploi. Exemple concret : en Nouvelle-Aquitaine, le GRETA-CFA Aquitaine a ouvert en septembre 2025 une formation d'agent de radioprotection et de logistique nucléaire, financée par la Région et rémunérée. Pas de diplôme exigé. Les prérequis : être motivé, avoir un casier judiciaire compatible avec l'accès à un site nucléaire, et être en bonne santé (visite médicale renforcée). Le parcours dure 764 heures, dont 350 en entreprise, et délivre une série d'habilitations : SCN1, CSQ, RP1, puis SCN2 et RP2, port de l'appareil respiratoire isolant, sauveteur secouriste du travail, habilitation électrique de base. La sélection passe par des tests d'aptitude de type méthode de recrutement par simulation.
Des formations de ce type existent près des grands sites nucléaires. Demandez à votre conseiller France Travail ou à la Mission locale ce qui est programmé dans votre région, et regardez aussi ce qu'il y a sur votre CPF pour compléter une habilitation qui manque.
Les règles qui protègent, et celles qui ferment des portes
Le classement. Un travailleur susceptible de recevoir plus de 6 millisieverts en douze mois est classé en catégorie A, au-delà de 1 millisievert en catégorie B. Le classement entraîne un suivi médical et dosimétrique. Ce n'est pas une formalité : demandez dans quelle catégorie vous serez classé et comment votre dose est suivie.
L'accès au site. Les sites nucléaires font l'objet d'un contrôle d'accès, et les formations comme celle du GRETA demandent un casier judiciaire vierge. Un casier incompatible ferme la porte, quelle que soit la qualité du candidat. Si vous avez un doute sur votre casier, renseignez-vous avant de vous engager dans une formation.
L'intérim et le CDD. Beaucoup de premières missions dans le nucléaire passent par l'intérim, notamment pendant les arrêts de réacteurs. Mais le Code du travail interdit d'employer un intérimaire ou un salarié en CDD pour certains travaux exposant aux rayonnements ionisants : ceux réalisés dans une zone où la dose peut atteindre 2 millisieverts en une heure, ou en situation d'urgence radiologique, quand ils demandent une affectation au premier groupe de surveillance. Les postes les plus exposés sont donc en principe réservés aux salariés en CDI : l'administration ne peut accorder de dérogation qu'à titre exceptionnel. Pour le reste, notre article sur le fonctionnement d'une agence d'intérim vous dit ce que l'agence vous doit.
Les équipements. Tenues, masques, dosimètres : tout est fourni par l'employeur.
Ce qu'il faut vérifier avant de vous engager
- L'employeur réel : Salvarem est une enseigne de NUVIA Process. Une offre qui utilise ce nom sans adresse de site ni contact identifiable doit vous alerter.
- Les habilitations exigées au premier jour, et celles que l'entreprise finance après l'embauche.
- Le type de contrat : CDI, CDD, intérim, et donc les zones où vous pourrez travailler.
- La mobilité : les chantiers suivent les sites et les arrêts de réacteurs, parfois loin de chez soi.
- Le suivi de dose : catégorie de classement, dosimétrie, médecin du travail.
- Votre casier : avant de suivre une formation de plusieurs mois, assurez-vous qu'il ne vous fermera pas l'accès aux sites.
CmonJob n'a aucun lien avec NUVIA Process ni avec Salvarem. Nous ne transmettons aucune candidature : on postule auprès de l'entreprise, de France Travail ou de l'organisme de formation.
Questions fréquentes
Salvarem existe-t-elle toujours ?
Oui, comme enseigne. Le répertoire officiel des entreprises rattache le nom Salvarem à deux établissements actifs de NUVIA Process, à Pierrelatte dans la Drôme et à La Hague dans la Manche. C'est NUVIA Process qui emploie et signe les contrats.
Faut-il un diplôme pour devenir décontamineur nucléaire ?
Pas forcément. Ce qui est exigé, ce sont les habilitations nucléaires, une aptitude médicale et un casier compatible avec l'accès aux sites. Des formations pour demandeurs d'emploi, financées et rémunérées, les délivrent sans diplôme préalable.
Que veulent dire SCN1, RP1, CSQ ou PR1-CC sur une offre ?
Ce sont les formations de base exigées pour travailler dans une installation nucléaire : connaissance du milieu, prévention des risques, radioprotection, exigences de qualité. Les offres les demandent souvent dès l'embauche, d'où l'intérêt de les obtenir pendant une formation financée.
Peut-on travailler dans la décontamination nucléaire en intérim ?
Oui pour une partie des travaux, et c'est fréquent pendant les arrêts de réacteurs. Mais la loi interdit l'intérim et le CDD pour les travaux réalisés dans les zones les plus exposées, sauf dérogation exceptionnelle de l'administration : ces travaux sont en principe réservés aux salariés en CDI.
Le métier de décontamineur est-il dangereux ?
Il expose à des rayonnements ionisants, mais dans un cadre très encadré : classement des travailleurs, dosimètre individuel, suivi médical renforcé, procédures de zone. Le risque se gère par la rigueur. Demandez toujours comment votre dose est suivie et à qui vous adresser en cas de doute.