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Le SST : à quoi sert vraiment cette formation

Par la rédaction de CmonJobPublié le

Le SST : à quoi sert vraiment cette formation
Photo : Tahir Xəlfəquliyev

La réponse en une phrase

Le SST, sauveteur secouriste du travail, est une formation de deux jours qui apprend à intervenir sur un accident dans son entreprise, avec les risques et le matériel de cette entreprise. Le certificat est valable vingt-quatre mois, et il se maintient par une journée de recyclage.

Sur un CV, ce n'est pas une ligne qui fait décrocher un poste à elle seule. C'est une ligne qui débloque des candidatures : sur beaucoup de sites industriels et de chantiers, un employeur doit compter des secouristes dans ses effectifs, et un candidat qui en apporte un lui règle un problème.

Ce qu'on y fait pendant deux jours

Quatorze heures, en présentiel, en petit groupe. Pas de cours magistral : on manipule, on met en situation, on recommence.

Le fil conducteur tient en quatre verbes, dans cet ordre : protéger, examiner, alerter, secourir.

Protéger, c'est supprimer le danger avant de s'approcher. Couper une machine, dégager une circulation, mettre hors tension. C'est le point que les gens ratent le plus souvent dans la vraie vie, parce que l'instinct pousse à courir vers la victime.

Examiner, c'est chercher dans un ordre fixe : la victime saigne-t-elle abondamment, s'étouffe-t-elle, répond-elle, respire-t-elle ? Cet ordre n'est pas arbitraire, il va du plus rapidement mortel au moins urgent.

Alerter, c'est transmettre un message utile : où, quoi, combien de victimes, dans quel état, et ne pas raccrocher le premier. C'est aussi savoir qui alerter en interne, ce qui varie d'un site à l'autre.

Secourir, c'est la partie technique : compression d'une hémorragie, désobstruction des voies aériennes, position latérale de sécurité, massage cardiaque et défibrillateur, conduite à tenir face à une brûlure, une plaie, un traumatisme, un malaise.

S'y ajoute une partie que le grand public ne connaît pas : le SST est aussi un acteur de la prévention. On lui apprend à repérer une situation dangereuse et à la remonter. Sur beaucoup de sites, c'est la contribution la plus utile qu'il apporte, bien avant le premier accident.

Pourquoi les employeurs en veulent

Deux raisons, et la première est réglementaire.

Le Code du travail impose la présence d'un membre du personnel formé aux premiers secours dans chaque atelier où sont réalisés des travaux dangereux, ainsi que sur les chantiers d'une certaine taille et d'une certaine durée où ces travaux ont lieu. Un employeur qui ne compte aucun secouriste dans l'équipe est en défaut, et cela se voit immédiatement lors d'un contrôle ou après un accident.

La seconde raison est plus prosaïque : former quelqu'un coûte du temps et de l'argent. Un candidat qui arrive avec un certificat en cours de validité fait économiser deux jours d'absence et un budget de formation. Dans un atelier, sur un chantier, dans un entrepôt ou en EHPAD, cet argument compte réellement.

C'est pourquoi le SST revient si souvent dans les offres visant l'agent de sécurité, l'opérateur de production, le maçon et l'aide-soignant. Ce sont des métiers où l'accident n'est pas une hypothèse d'école.

Ce que ça change vraiment sur un CV

Soyons honnête sur ce point, parce que beaucoup de formations sont vendues avec des promesses qu'elles ne tiennent pas.

Le SST ne remplace aucune qualification métier. Il ne fera pas de vous un cariste, ni un aide-soignant. Il n'ouvre aucun poste par lui-même.

Ce qu'il fait, en revanche, est réel :

  • Il donne une ligne datée et vérifiable à un CV qui manque d'expérience salariée. Un certificat porte une date et un numéro : c'est du concret sur une page qui en manque souvent.
  • Il dit quelque chose de vous sans que vous ayez à le dire. Quelqu'un qui a passé le SST accepte d'être celui vers qui on se tourne quand ça va mal. Les recruteurs lisent ça très bien.
  • Il règle un besoin de l'employeur, ce qui n'est pas le cas de la plupart des lignes d'un CV.
  • Il donne, pendant l'entretien, une chose précise à raconter. Décrire ce qu'on fait devant une hémorragie vaut mieux que trois adjectifs sur sa personnalité.

Un conseil de rédaction : écrivez la date d'obtention et celle du dernier maintien. Un SST sans date laisse penser qu'il est périmé, et un recruteur pressé n'appellera pas pour vérifier.

Le maintien des compétences : la partie qu'on oublie

Le certificat est valable vingt-quatre mois. Pour le conserver, il faut suivre une session de maintien et actualisation des compétences, d'une journée, qui ouvre une nouvelle période de vingt-quatre mois.

Trois choses à savoir, qui font toute la différence :

Le maintien est court, le rattrapage ne l'est pas. Tant que le certificat est valable, une journée suffit. Une fois qu'il a expiré depuis trop longtemps, on repart sur la formation complète de deux jours.

C'est vous qui suivez l'échéance. L'employeur est censé organiser les sessions, mais dans les entreprises à fort turnover, personne ne surveille votre date. Notez-la.

Le recyclage est bien plus qu'une formalité. Les gestes de secours s'oublient vite quand on ne les pratique jamais, et les recommandations évoluent. Une personne certifiée depuis longtemps mais jamais recyclée est, en pratique, une personne qui ne saura pas faire.

Ce qu'il faut vérifier avant de s'inscrire

Qui paie ? Si vous êtes salarié, c'est l'employeur, sur le temps de travail, comme toute formation à la sécurité. Si vous êtes en recherche d'emploi, la question se pose à votre conseiller ou à l'agence d'intérim qui vous place : le SST est court, peu coûteux, et fait partie des formations qu'une agence accepte volontiers de financer pour rendre un profil plaçable.

L'organisme est-il habilité ? La formation SST relève d'un dispositif national, et seul un organisme habilité peut délivrer un certificat valable. Un stage de secourisme généraliste, aussi sérieux soit-il, n'est pas un SST et ne sera pas reconnu comme tel par un employeur.

La session est-elle en présentiel ? Les gestes s'apprennent sur mannequin, avec un formateur qui corrige la position des mains. Une formation entièrement à distance ne peut pas délivrer ce certificat.

Le groupe est-il petit ? Les sessions se déroulent en effectif réduit, précisément pour que chacun pratique. Une salle de trente personnes doit vous alerter.

Questions fréquentes

Le SST est-il obligatoire pour travailler ?

Pas pour vous individuellement. L'obligation pèse sur l'employeur, qui doit disposer de personnel formé dans les ateliers où se font des travaux dangereux et sur certains chantiers. C'est cette obligation qui crée la demande, et c'est pour cela qu'un candidat déjà formé se place plus facilement.

Combien de temps faut-il pour l'obtenir ?

Deux journées de formation, soit quatorze heures, sans examen écrit au sens scolaire. L'évaluation se fait tout au long du stage, sur des mises en situation : on vous demande d'agir, pas de réciter.

Le SST vaut-il pour la vie courante et pas seulement au travail ?

Les gestes s'appliquent partout, et le certificat donne l'équivalence avec la formation de base aux premiers secours civiques. La différence tient au cadre : le SST insiste sur les risques propres à votre entreprise et sur la chaîne d'alerte interne, ce que ne fait pas une formation grand public.

Que se passe-t-il si mon certificat est périmé ?

Vous restez la personne qui a suivi la formation, mais vous n'êtes plus comptabilisé comme secouriste par un employeur, et la ligne perd sa valeur sur un CV. Selon le retard accumulé, une journée de maintien peut suffire ou il faudra reprendre les deux jours complets : renseignez-vous avant de vous inscrire au mauvais module.

Suis-je responsable si j'interviens et que ça se passe mal ?

Un secouriste qui agit dans le cadre de ce qu'il a appris et selon les gestes enseignés n'est pas placé en position d'accusé. Ce qui est reproché par la loi, c'est l'inverse : ne pas porter assistance à une personne en danger. La formation sert justement à savoir jusqu'où aller, et où s'arrêter.