Aller au contenu
CmonJob

Formation

Travailler dans l'artisanat sans diplôme, par où commencer ?

Par la rédaction de CmonJobPublié le

Travailler dans l'artisanat sans diplôme, par où commencer ?
Photo : Travel with Lenses

La réponse en une phrase

On peut travailler dans l'artisanat sans diplôme : comme aide ou apprenti chez un artisan, dans le bâtiment, l'alimentation, la réparation, les services ou les métiers d'art. Trois portes s'ouvrent : l'apprentissage, possible jusqu'à 29 ans révolus et sans limite d'âge dans certains cas, le CAP en un an pour un adulte qui a déjà un diplôme, et l'embauche directe comme aide qui se forme sur le tas. Une limite à connaître : pour s'installer à son compte dans certains métiers (bâtiment, coiffure, boulangerie, réparation automobile...), la loi exige en général un CAP ou trois ans d'expérience (un salon de coiffure demande davantage).

L'artisanat, ce n'est pas qu'un métier

Le mot recouvre des centaines d'activités, dans des entreprises souvent petites. On peut les ranger en quatre familles :

  • le bâtiment : maçon, plombier, électricien, peintre, carreleur, plaquiste, couvreur, menuisier ;
  • l'alimentation : boulanger, pâtissier, boucher, charcutier, poissonnier, traiteur ;
  • la production et la réparation : mécanicien automobile ou de matériel, carrossier, serrurier, ébéniste ;
  • les services : coiffeur, esthéticienne, cordonnier, fleuriste, toiletteur.

Ce qui les rassemble : un savoir-faire manuel qui se transmet en travaillant à côté de quelqu'un qui sait. C'est pour ça que l'artisanat reste un des secteurs où l'on peut entrer sans diplôme, à condition d'accepter de commencer au bas de l'échelle.

Pour le bâtiment en détail, voir notre page sur le second œuvre sans diplôme. Et pour les métiers de la main tournés vers la création, les métiers de l'art accessibles sans diplôme. Les fiches maçon et plombier du site détaillent aussi deux métiers phares.

Première porte : l'apprentissage, même après 25 ans

Le contrat d'apprentissage alterne école (le centre de formation d'apprentis) et entreprise. La formation est gratuite pour l'apprenti, et il est payé.

L'âge. La limite générale est 29 ans révolus. Elle monte à 35 ans révolus dans quelques cas (par exemple un nouveau contrat pour un diplôme plus élevé que celui déjà obtenu). Et il n'y a pas d'âge maximum si vous êtes :

  • reconnu travailleur handicapé ;
  • en projet de création ou de reprise d'une entreprise qui suppose un diplôme ;
  • sportif de haut niveau ;
  • en échec au diplôme et que vous signez un nouveau contrat avec un autre employeur pour le repasser.

Le deuxième cas est précieux pour l'artisanat : si votre projet est de reprendre un jour un salon, une boulangerie ou une petite entreprise du bâtiment, l'apprentissage vous reste ouvert à 40 ans.

La paie. L'apprenti touche un pourcentage du SMIC selon son âge et son année :

  • de 16 à 17 ans : 27 % la première année, 39 % la deuxième, 55 % la troisième ;
  • de 18 à 20 ans : 43 %, 51 %, 67 % ;
  • de 21 à 25 ans : 53 %, 61 %, 78 % (ou ce pourcentage du minimum conventionnel s'il est plus élevé) ;
  • à partir de 26 ans : au moins le SMIC, ou le minimum conventionnel du poste s'il est plus élevé.

Un adulte en reconversion n'est donc pas payé comme un jeune de 17 ans. C'est ce qui rend l'apprentissage tenable après 26 ans.

Deuxième porte : le CAP en un an

Le CAP est le diplôme de base de la plupart des métiers artisanaux. Il se prépare en deux ans en partant de zéro. Mais si vous avez déjà un diplôme (un autre CAP, un bac ou plus), vous êtes en général dispensé des matières générales et vous pouvez le préparer en un an.

Trois façons de le passer :

  • en apprentissage, payé par l'entreprise ;
  • en formation continue, financée par le compte formation, par France Travail ou, pour un salarié qui change de métier, par un projet de transition professionnelle qui peut maintenir la rémunération sous conditions ;
  • en candidat libre, en s'inscrivant soi-même aux épreuves auprès de l'académie.

Avant de payer une formation, comparez avec les autres certifications (titre professionnel, CQP) : pour certains métiers, un titre professionnel plus court suffit.

Troisième porte : aide d'atelier ou de chantier

Beaucoup d'artisans embauchent un aide sans diplôme quand ils ont trop de travail : porter, préparer, nettoyer, livrer, tenir la boutique. C'est souvent le chemin le plus rapide vers un salaire, et l'expérience compte.

Elle compte même doublement : après trois ans d'expérience dans un métier réglementé, vous remplissez la condition de qualification pour vous installer, sans diplôme (sauf pour tenir un salon de coiffure, voir plus bas). Et la validation des acquis peut transformer ces années en CAP, voir la VAE pour faire reconnaître ce qu'on sait.

Pour trouver ces postes, les annonces en ligne ne suffisent pas. Passez dans les boutiques et sur les chantiers, parlez au patron, laissez votre numéro. Les chambres de métiers et de l'artisanat de votre département renseignent aussi sur l'apprentissage.

Les métiers où la loi exige une qualification

C'est la règle à connaître si vous rêvez de vous installer un jour. Le code de l'artisanat liste des activités qui ne peuvent être exercées que par une personne qualifiée, ou sous son contrôle effectif et permanent :

  • l'entretien et la réparation des véhicules et des machines agricoles ;
  • la construction, l'entretien et la réparation des bâtiments ;
  • les installations d'eau, de gaz, de chauffage et d'électricité ;
  • le ramonage ;
  • les soins esthétiques sans finalité médicale ;
  • la réalisation de prothèses dentaires ;
  • la préparation ou la fabrication de produits frais de boulangerie, pâtisserie, boucherie, charcuterie et poissonnerie ;
  • le métier de maréchal-ferrant ;
  • la coiffure.

La qualification demandée est un CAP, un BEP ou un titre de niveau au moins équivalent, ou, à défaut, trois ans d'expérience professionnelle. La coiffure en salon fait exception : le salon doit être placé sous le contrôle d'une personne titulaire du brevet professionnel ou du brevet de maîtrise de coiffure. Le CAP suffit pour la coiffure à domicile.

Attention : cette règle vise celui qui dirige l'activité. Un salarié ou un apprenti peut travailler dans ces métiers sans diplôme, puisqu'il le fait sous le contrôle d'une personne qualifiée. Pour préparer une installation, voir notre article sur se mettre à son compte dans un métier manuel.

Ce qu'il faut vérifier

  • Le contrat. Aide ou apprenti, vous devez avoir un contrat écrit et une fiche de paie. Un « essai » de plusieurs jours non payé n'est pas un essai.
  • Le maître d'apprentissage. Qui va vraiment vous former ? Un artisan débordé qui ne vous parle jamais ne fera pas de vous un professionnel.
  • Le CFA et le diplôme préparé, avec le calendrier d'alternance.
  • La convention collective : boulangerie, coiffure, bâtiment ont chacune la leur, avec leurs minimums et leurs horaires (les nuits en boulangerie, le samedi en coiffure).
  • Les équipements de protection dans les métiers qui exposent aux coupures, aux produits ou à la poussière. Ils sont fournis par l'employeur.
  • Le rythme physique : station debout, charges, gestes répétés. Posez la question avant de vous engager pour deux ans.

Questions fréquentes

Peut-on devenir apprenti après 30 ans ?

Oui dans plusieurs cas : si vous êtes reconnu travailleur handicapé, si vous préparez la création ou la reprise d'une entreprise qui suppose un diplôme, si vous êtes sportif de haut niveau, ou jusqu'à 35 ans révolus pour préparer un diplôme plus élevé que celui déjà obtenu.

Combien gagne un apprenti de plus de 26 ans ?

Au moins le SMIC, ou le salaire minimum prévu par la convention collective pour le poste s'il est plus élevé, et ce dès la première année.

Peut-on passer un CAP en un an quand on est adulte ?

Oui, si vous avez déjà un diplôme (un autre CAP, un bac ou plus) : les matières générales sont alors en général dispensées. Sans diplôme, le CAP se prépare plutôt en deux ans.

Faut-il un diplôme pour ouvrir un salon de coiffure ou une entreprise de bâtiment ?

Pour une entreprise de bâtiment, il faut un CAP, un BEP ou un titre équivalent, ou trois ans d'expérience professionnelle. Pour un salon de coiffure, il faut un brevet professionnel ou un brevet de maîtrise de coiffure. Dans les deux cas, le patron peut aussi placer l'activité sous le contrôle effectif et permanent d'un salarié qui a cette qualification.

Où trouver des offres dans l'artisanat ?

Chez les artisans eux-mêmes, en passant les voir, auprès des chambres de métiers et de l'artisanat, des centres de formation d'apprentis, et sur les sites d'offres d'emploi généralistes.