Allez les filles !

Elles sont chauffeurs de taxi ou de poids lourds ou bien encore mécaniciens . Des métiers tellement dévolus aux hommes que même leur nom n’est pas encore féminisé. Mais les barrières tombent. Petit à petit. Exemples et témoignages de celles qui ont franchi le pas. Elles racontent les difficultés qu’elles ont rencontrées, ou rencontrent encore, mais aussi, les joies que leur procure leur activité. Et l’avantage que leur donnent leurs qualités intrinsèquement féminines. Même dans ces métiers virils.

Stéphanie, chauffeur de poids lourds

Dès quinze ans, Stéphanie a le virus du 38 tonnes et suit son père, chauffeur de poids lourd, comme apprentie. Elle se souvient de cette époque ou elle n’avait pas encore son permis de conduire. « Mon père me laissait manœuvrer son camion pour le ranger le long des quais de chargement. En me voyant, un chauffeur espagnol, qui avait du mal à manœuvrer le sien, m’a cédé le volant. Et je m’en suis parfaitement tirée. Du coup, tous les hommes présents m’ont dit : chapeau ! » De quoi encourager sa vocation naissante. Aujourd'hui, elle est aussi à l'aise sur les quais que sur la route. Même si les clichés ont la vie dure. « Certains hommes pensent toujours qu’une femme est plus à sa place à la maison que dans un camion ». Mais à 21 ans, Stéphanie est déterminée, et persuadée qu'une femme est plus logique et plus souple que nombre de ses collègues masculins. Des qualités qu'elle juge indispensables au bon exercice de sa profession.

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Karine, peintre en bâtiment

La peinture, comme tous les corps de métiers qui touchent au bâtiment est une affaire d’hommes. Un cliché sur lequel Karine s’est fait un plaisir de passer un grand coup de rouleau. « Nous, les femmes, on est beaucoup plus minutieuses que les hommes lorsqu’on travaille. Tenez, quand on enduit un mur, on le fait jusqu’au sol, alors que les garçons s’arrêtent bien avant, sous prétexte qu’il va y avoir des plinthes au bas du mur et que l’on y verra rien ». Sauf lorsque le client aura envie d'enlever les plinthes en question. Des clients pas évidents à rassurer au premier contact. « Je me souviens d’un chantier où on a débarqué à quatre filles. Le client a ouvert de grands yeux, et n’a réussi à dire que « c’est étrange ». Mais à la livraison du chantier il a été très agréablement surpris ». Et sera certainement près à recommencer à travailler avec une équipe de femmes.

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Sandrine, électromécanicienne

Si le BTP est réputé pour la virilité de ses équipes, la partie de ce secteur touchant au gros œuvre semble encore plus fermée à la gente féminine. C’est compter sans Sandrine. Cette mécanicienne est chargée de la maintenance des grues de chantier. Pas vraiment des engins légers. « Elles font entre 30 et 200 mètres. Mais c’est ça qui est rigolo. Quant on est là haut, ça bouge ». Des dimensions, et des conséquences, qui excluent le moindre vertige. Et un métier qui exige des rares femmes qui l'exercent un certain sens du recul. « Il ne faut surtout pas prendre au premier degré tout ce qu’on entend. C’est un monde d’hommes qui crient souvent pour rien. Faut pas faire attention. » Un recul qui n'exclut pas le respect que les hommes peuvent avoir de notre mécanicienne. « Evidemment, quand ils me voient grimper là haut avec ma sacoche, ils se posent des questions ». Mais lorsqu'ils constatent qu'elle a les mains noires, comme eux, tout s'arrange.

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Nathalie, chauffeur de taxi

A priori, on se dit que le métier de chauffeur de taxi se féminise. « Pas vraiment », coupe Nathalie. Elle a fait les comptes. « Sur 17 000 taxis, nous sommes 1500 femmes ». Pourtant, elle estime posséder, comme ses consoeurs, des qualités indispensables à l'exercice de cette profession. « On est plus zen. On s’énerve beaucoup moins que nos collègues masculins. Et on klaxonne moins. » Rester calme dans les bouchons, semble effectivement une qualité inestimable, dont Nathalie ne semble jamais se départir. Même si, selon elle, cela se passe curieusement moins bien avec la clientèle féminine que masculine. « Je me souviens d’une femme que j’avais embarquée. Elle m’a donné l’adresse à laquelle elle voulait se rendre et je n’ai malheureusement pas capté. Elle s’est immédiatement mise à hurler. En général, cela se passe beaucoup plus calmement avec les hommes ». Lesquels n'osent peut être pas prendre une femme à partie. Une galanterie qui aide à rester zen.

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Michel Holtz © CmonJob.fr – 3 mars 2008

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